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Exposition Louis Vuitton Marc Jacobs aux Arts Décoratifs

Plus que quelques jours pour aller voir l’exposition Louis Vuitton Marc Jacobs aux Arts Décoratifs ! Une exposition ambitieuse qui annonce de nombreux thèmes et une mise en parallèle des deux hommes sur de nombreux plans. Le résultat est-il à la hauteur ?

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L’exposition se propose d’emblée, dès l’entrée où figurent les portraits des deux hommes, de retracer l’histoire des deux personnalités et leur contribution à l’univers de la mode. Et surtout, de voir leurs interactions avec les métiers d’art, les avancées techniques, la création stylistique, les collaborations artistiques. Plus facile à dire qu’à faire ! Les sujets sont très ambitieux. Mais comme ce sont ces sujets qui nous intéressent justement ici, il fallait y aller !

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L’exposition est structurée en deux parties. D’abord, l’époque Louis Vuitton (et Georges Vuitton). A l’étage supérieur : Marc Jacobs.

L’étage Louis Vuitton est calme.
Dans les allées, les murs sont dotés de boiserie façon appartement parisien, gris foncés. La couleur s’accorde avec le gris Trianon qu’on voit plus loin.

Emballage des Modes
Le métier de base de Louis Vuitton (1821-1892) était « Layetier-coffretier-emballeur ». Il se perfectionne pendant 17 ans et en 1854 ouvre sa propre enseigne, choisissant de la démarquer : « Spécialité pour l’Emballage des Modes ».
Les Arts Décoratifs illustrent bien cette facette du métier et les besoins sociétaux de l’époque. Une vitrine présente la garde-robe d’un jour : lingerie, crinoline, robe d’intérieur, robe de bal. Les mannequins sont sur des miroirs tournants au sol ; au fond, encore des miroirs. Le tout accompagné d’une petite ritournelle de boîte à musique.

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Avec le « Trousseau idéal », une vitrine de vêtements de poupée, les accessoires, incroyablement nombreux, permettent également de comprendre la nécessité d’un rangement sur-mesure pour les déplacements.

Autre thématique évoquée : le Paris de la fin du XIXe.
L’emplacement et la Haute Couture. Le choix de localisation de la boutique dans le Paris haussmannien est un facteur de succès pour Louis Vuitton. Quant à la Haute Couture, elle apporte des silhouettes immenses, une grande variété et un nombre exponentiel de pièces dans cette silhouette. La « Spécialité pour l’Emballage des Modes » était visionnaire et le lien avec Charles-Frederick Worth fut judicieux.

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Les malles
La suite s’intéresse aux progrès sur les malles. Et bien-sûr, à la fameuse toile qui les protègent : le gris Trianon, la toile rayée, la toile damier, le monogramme. Mais aussi à la structure de l’intérieur pour ranger les vêtements et accessoires.

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Les Expositions Universelles
Napoléon III voyait dans les Expositions Universelles un moyen de soutenir l’industrie, le commerce, de mettre le luxe à la portée du peuple et « de démocratiser l’art industriel ». Louis Vuitton rentre dans cette logique et y participe dès 1867. Pour chaque exposition, il présente une invention et un brevet. Et il est attentif à ce que les produits soient disponibles à la vente en boutique. Brevets, dépôts et dessins sont là pour témoigner de la richesse de l’époque.

Près de l’entrée de l’exposition, un texte précisait que Louis Vuitton a traversé :
3 révolutions, 1 empire, 5 guerres de la France et une révolution industrielle. Impressionnant ! Mais l’homme était travailleur et modeste. Il s’est tenu à ses 3 grands principes :

  • la maîtrise de son savoir-faire
  • l’entière satisfaction donnée à la clientèle
  • la perpétuelle recherche de nouveautés

Passons à l’étage Marc Jacobs.
Son contexte est celui de la globalisation du début du XXIe siècle. La demande des maisons de coutures, dans les années 90, envers leurs créateurs est

  1. un talent créatif
  2. de la performance dans le marketing et la DA
  3. un rôle de maître de cérémonie et de porte-parole de la marque.

Marc Jacobs devient Directeur Artistique de la maison Louis Vuitton en 1997. Sa mission comprend également l’introduction de lignes de prêt-à-porter Homme et Femme de chaussures et de sacs. Et pour l’exposition, c’est là que cela se complique.

Seules choses qui restent faciles à démontrer :

  • les collaborations artistiques (avec Stephen Prousse, Richard Prince…)

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  • les liens avec les célébrités (Kate Moss…)

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  • la fidélité pour les codes de la Maison :

une vitrine présente l’évolution en 5 étapes d’un sac inspiré du sac Speedy 30
une vitrine est dédiée à sa 1e collection, où il savait qu’il était attendu et qu’il aurait tort quoiqu’il fasse. Il n’a pourtant pas choisi la facilité et a traité le monogramme en le cachant. Un luxe entier mais caché.

Les fans de mode seront ravis car ensuite sont présentés ses inspirations et grands thèmes favoris. C’est là qu’arrivent pour nous les limites de l’exposition qui peine à s’aligner avec sa promesse d’origine : montrer comment l’homme s’inscrit dans son époque et fait évoluer son industrie. En entrant dans le monde de la mode, Louis Vuitton a modifié des choses mais n’a pas été bouleversé : le savoir-faire, l’artisanat, les partenariats industriels font toujours parties intégrantes de la Maison et Marc Jacobs n’est pas passé à côté. Il faut peut-être plus de recul pour comprendre cette nouvelle période charnière.

Photos : Luc Boegly pour les Arts Décoratifs

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