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Voyage en Capitale : Louis Vuitton et Paris au Musée Carnavalet

Surprise d’une exposition lumineuse à la scénographie moderne dans le cadre au charme vieillot du Musée Carnavalet : l’exposition « Voyage en capitale » annonce la proposition d’un Paris sous le regard du célèbre malletier, à travers 11 « tableaux ».
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© Jacques-Henri Lartigue

Premier thème : les débuts à Paris. Peintures, photographies, Vuitton expose son vieux Paris, avec une ancienne enseigne et une première malle. Un mur est orné des portraits des trois grandes figures familiales de l’entreprise : Louis, le fondateur (1821-1892), Georges, le novateur (1857-1936) et Gaston-Louis, l’homme de l’art (1883-1970).
Le 2e thème revient sur les origines du monogramme, présentant divers objets aux motifs expliquant les influences fondatrices du fameux ornement.
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© Patrick Galabert

La salle suivante s’intéresse aux transports – avec une miniature de diligence et tous les types de malles de voyage comme les Tea Case, la malle auto – et aux expositions universelles, qui furent si créatrices ! Louis Vuitton y est présent dès 1867 et y gagne de nombreuses médailles. A la grande exposition de 1900, Georges Vuitton est chargé d’organiser la section d’Articles de voyage et de maroquinerie. Il est donc hors concours, néanmoins il installe – nous dit-on – sa présentation dans un carrousel bleu rappelant la Grande Roue. Affiches, plans, malles sont là pour témoigner de cette influence des expositions universelles, mais aussi un magnifique modèle réduit du Palais du Trocadéro de 1878.
On découvre ensuite le design et l’africanisme du début du XXe siècle. Si les Arts décoratifs sont plus visibles sur des pièces de la collection Louis Vuitton (comme des flacons de parfum), les inspirations ethniques sont, elles, directement perceptibles sur les malles : cuir de crocodile, objets en ivoire… Le style atteindra son apogée pour l’exposition coloniale de 1931, dont le plan laisse percevoir l’aspect festif mais aussi « zoos humains ».
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© Archives Louis Vuitton

Parallèlement, la suite des vitrines fait également écho à la salle précédente en revenant sur la thématique du transport, mais cette fois à travers les exploits motorisés. L’époque est celle des grands explorateurs et des inventions de tout genre sur terre ou en l’air, qui nous emmènent loin de Paris. On découvre ainsi des malles pour chaque type de trajet. La malle Aéro, en 1910, se vantait de ne peser que 26 kg !
L’exposition se perd ensuite dans des thématiques propres au malletier. Un petit espace comme une antichambre présente une œuvre vidéo poétique réalisée pour représenter Louis Vuitton à l’exposition universelle de Shanghai, en 2010. 6e tableau : les dandys ; des modèles sont dédiés aux célébrités du moment. 7e tableau : les élégantes, ces femmes des années 20 et leurs malles pour ranger, par exemple, leurs nombreux souliers.
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© Patrick Galabert

8e tableau : les célébrités. 9e tableau : tradition, innovation, réinterprétation : une culture de la curiosité. Ici, des cubes blancs exposent d’anciennes malles mélangées aux bagages plus récents, aux matières plus clinquantes, aux couleurs éloignées du cuir naturel.
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© Patrick Galabert

10e tableau : la commande spéciale de Damien Hirst, soit deux malles bleu et noir avec papillons et vanités pour contenir divers instruments chirurgicaux.
Le 11e tableau intitulé « Bon voyage ! » est une commande de Louis Vuitton à Frédérique Chauveaux, installation déco et vidéo autour de l’eau. C’est là que vous retrouverez également divers livres à vendre comme « 100 malles de légende », dans sa version deluxe : 140 € pour 800 magnifiques pages et des petits inserts, comme des cartes égrenées au fil des pages, qui flattent l’âme de collectionneur potentiel du lecteur.
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Vous pourrez aussi vous consoler avec le petit guide de l’exposition, qui curieusement ne reprend pas de photo de ce que vous aurez pu voir.
Car au global, le marketing de l’exposition est très élaboré. Des vidéos de présentation sont disponibles sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=kWMJaNQY0Gg, vidéo des salles de l’exposition et http://www.youtube.com/watch?v=jMu35g60YJw&feature=channel, l’interview de Patrick Louis Vuitton. L’exposition dispose également de son site Internet dédié : www.louisvuitton-voyageencapitale.com. Les enfants ne sont pas non plus oubliés car un petit livret leur est destiné, avec jolis dessins et questions.
On sort tout de même un peu dubitatif de ce fameux voyage en capitale. Le Paris du début du siècle est certes présent. Les malles aussi. Mais cette thématique n’est-elle pas un simple prétexte à exposition ? Que dire du voyage parisien lorsqu’on sort des thématiques des exploits motorisés, des célébrités, de l’innovation ? Et comment raccrocher le voyage final, comme une rêverie sur l’eau, à notre ville lumière ?
Certes, Louis Vuitton s’est toujours adapté à ses clients. Les plus prestigieux verront leurs commandes spéciales particulièrement soignées dans leurs réalisations, dans l’innovation apportée. Louis Vuitton participe ainsi à la création, à l’art et devient ainsi un témoin – et même un acteur – des époques passées. De notre époque aussi. Mais notre Paris d’aujourd’hui est-il bien celui de la création artistique, comme voudrait le conclure cette exposition ? Au final, ce voyage sera plutôt un aperçu des archives spectaculaires de la Maison.

Voyage en Capitale
Louis Vuitton & Paris
jusqu’au 27 février 2011
au Musée Carnavalet
23 rue de Sévigné
75003 Paris

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