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Château Haut-Brion : 75 ans de tradition familiale et des siècles d’héritage fêtés dans l’élégance

Il est des marques dont le patrimoine est tout simplement éblouissant. Parmi celles-ci, les vins et spiritueux ont souvent une belle place. Mais peu de domaines peuvent se vanter d’une aussi belle connexion entre tradition, innovation, histoire nationale et internationale comme Château Haut-Brion. Pour fêter les 75 ans de l’acquisition de Château Haut-Brion par sa famille, Prince Robert de Luxembourg a fait rimer tous les accents du prestige et du raffinement.

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En 1935, Clarence Dillon achète Château Haut-Brion.

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C’est ainsi qu’une famille américaine devient propriétaire d’un haut lieu de tradition et de production de grands vins français. Elle a depuis cultivé et enrichi toutes ses nobles particularités.
L’histoire et l’évolution de Château Haut-Brion sont liées à la noblesse, aux aléas des héritages des grandes familles, à l’évolution des techniques, aux balbutiements du commerce international, à la diplomatie, à la gastronomie et à de très prestigieuses personnalités. C’est riche, c’est dense, c’est complexe. Apprécier l’ensemble demande du temps. Cela se découvre progressivement, avec délectation, tout comme la dégustation d’un verre de ces vins de garde exceptionnels.

Outre les qualités de respect de la terre, des procédés, du temps, des matériaux, propres à la production de tels vins, deux grandes traditions se détachent dans l’histoire de Château Haut-Brion :

  • L’innovation

Toutes les maisons anciennes se targuent de leur culture de l’innovation. Comment durer et évoluer sans cela de toute façon ? Les innovations de ce Château ont cependant marqué des tournants dans l’histoire du vin et des marques et méritent qu’on s’y attarde.
Du côté des marques pour commencer : Château Haut-Brion pourrait bien être la 1e marque de luxe au monde ! C’est en effet, le 1er cru de Bordeaux désigné par son lieu d’origine et non par le nom du propriétaire ou de la paroisse, au milieu du XVIIe siècle.
Dans le même esprit, on note une innovation au niveau de l’appellation. Au début du XVIIIe, les héritages font que Château Haut-Brion partage la destinée de Château Margaux, à travers leur gérant commun. En 1740, le terme Château est accolé aux marques Haut-Brion et Margaux dans les registres commerciaux. C’est la première apparition du mot « Château » à Bordeaux.
C’est également à travers Château Haut-Brion que les grands vins en général ont connu un tournant décisif. En 1663, le Château crée un nouveau style de vin : le « New French Claret », qui introduit la notion de temps dans son élevage. Désormais, le vin pourra se bonifier en vieillissant.

  • La diplomatie, ou les « ambassadeurs » passionnés de Château Haut-Brion

De nombreuses personnalités ont fait découvrir ces vins à travers leurs activités ou voyages, en France mais aussi à l’étranger. Quelques exemples : En 1666, la famille Pontac, alors propriétaire des lieux, fait connaître le vin de Château Haut-Brion en Angleterre : elle acquiert une taverne à Londres, Pontack’s Head. Celle-ci devient rapidement un haut lieu à la mode. Et on y sert bien sûr, des vins du domaine.
Le Prince de Talleyrand, qui fut un temps lié au domaine, était diplomate. Il était passionné de vins et de gastronomie. Et sa diplomatie passait à travers le vin.
En 1787, Thomas Jefferson visite Château Haut-Brion et en tombe amoureux. Il est alors ambassadeur des Etats-Unis en France. Devenu Président des Etats-Unis, il reste fidèle à son vin préféré, par-delà les frontières et les océans.
En 1801 Talleyrand, Prince de Bénévent, achète Château Haut-Brion (pour quelques années seulement). Encore un diplomate.
Il est amusant de constater que la famille propriétaire actuelle prolonge elle aussi cette tradition ! En effet, Douglas Dillon était ambassadeur des Etats-Unis en France de 1953 à 1957.

Aujourd’hui, le Domaine Clarence Dillon est dirigé par le Prince Robert de Luxembourg, arrière-petit-fils de Clarence Dillon, et compte dans ses rangs les vins de Château Haut-Brion, de Château La Mission Haut-Brion et de Clarendelle.

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Clarendelle entre dans la tradition d’innovation Haut-Brion, puisque la marque a été récemment lancée pour élargir l’offre. Le nom est bien sûr un hommage à Clarence Dillon.
Quant à la Mission Haut-Brion, elle est un magnifique « complément » à Château Haut-Brion.

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Le nom de « Mission » provient des prêtres lazaristes qui occupaient les lieux et ont donné cette âme particulière au domaine. On retrouve à la Mission Haut-Brion le lien américain, puisqu’en 1821, le château est acheté par Célestin Chiapella. Ce dernier est né à la Nouvelle Orléans. Il fera découvrir ses vins aux Etats-Unis. L’acquisition du domaine par la famille Dillon date de 1983. Cette acquisition est d’ailleurs le parfait parallèle de l’histoire puisqu’en 1540, le beau-frère de Jean de Pontac, propriétaire de Château Haut-Brion, avait acquis la parcelle originelle de Château la Mission Haut-Brion. La boucle est ainsi bouclée.

Mais revenons-en à Château Haut-Brion. En 2010, Prince Robert de Luxembourg a souhaité fêter dignement l’anniversaire de l’acquisition de ces terres dans le bordelais. L’occasion a donné lieu à 8 prestigieux dîners organisés à travers le monde, dans de grandes capitales.
Ces événements incroyables, avaient pour principe de faire (re)découvrir quelques vins sélectionnés par la Maison à d’heureux invités, lors de dîners préparés par les plus grands Chefs mondiaux, dans de magnifiques endroits souvent chargés de sens, en rapport avec l’histoire de la famille ou de Château Haut-Brion.
Invariablement, de grandes tables sont dressées. La vaisselle y est déposée dans le respect de la haute gastronomie, au millimètre. Des fleurs et des verres pour les différentes dégustations complètent la présentation. Les serveurs aux gants blancs s’affairent discrètement autour des convives.

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On peut voir sur Internet tous ces dîners filmés et montés selon le même modèle : une introduction par le Prince de Luxembourg, la présentation du lieu. Puis, la rencontre du sommelier avec le Chef. Les vins sélectionnés sont présentés au Chef qui suggère ses accords et laisse les mets venir à son imagination. Ensuite, le spectateur découvre le repas au milieu des convives, la danse des plats, des cloches qu’on soulève révélant les mets, les vins versés.
Le 1er dîner eut lieu à Paris, le 27 mai 2010, à l’Académie Diplomatique Internationale. Yannick Alleno, Chef officiant au Meurice, proposait un homard aux pommes de terre de Noirmoutier.

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Le 2e dîner suivait la logique de l’histoire de la Maison avec Londres, le10 juin 2010. Il se déroulait à Lancaster House, qui fut le lieu de plusieurs sommets du G7 – encore une référence au passé diplomatique de Château Haut-Brion. Le Chef Philip Howard y a concocté une selle d’agneau, échalotes, ail rose nouveau.

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Tradition américaine oblige, le 3e dîner se tint à New York, le 12 juillet 2010, au Metropolitan Museum of Art. Douglas Dillon, le grand-père du Prince de Luxembourg en fut justement Président. Pendant le dîner, fut servi un Château Haut-Brion 1935, 1er millésime de la famille. Le Chef, Daniel Boulud, avait choisi des cailles farcies de figues.

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Le 4e dîner se déroula à Shanghaï, le 18 octobre 2010, soit pendant l’exposition universelle. Belle coïncidence. Le repas de Paul Poiret incluait une pièce de bœuf aux accents sucrés, cacaotés.
La 5e célébration eut lieu à Hong Kong, le 21 octobre 2010. L’unique Chef chinois à avoir reçu 3 étoiles du Guide Michelin, Chan Yan Tak, était aux commandes et a servi un porc laqué.
Tokyo accueillit le 6e dîner le 27 octobre 2010. Le Chef, Hideki Ishikawa, composa un mariage terre – mer de 5 saveurs.
A Los Angeles, le 8 décembre 2010, le 7e dîner prit place à Sainte Vibiana, qui fut la toute première cathédrale de la ville. Le Chef, Thomas Keller, avait choisi l’agneau et la truffe pour accompagner Château Haut-Brion.
Le dernier dîner a eu lieu à Moscou, le 14 avril 2011. Anne-Sophie Pic était le Chef invité pour cette ultime célébration. Elle avait notamment préparé un bar de ligne.

Afin de laisser une trace plus durable qu’un dîner, le Domaine Clarence Dillon a également organisé la vente aux enchères de coffrets commémoratifs au profit d’associations situées dans les 8 villes visitées par les dîners. Les coffrets ont été réalisés par un ébéniste : le Vicomte Linlay. Ils présentent une subtile marquèterie et des objets en argent réalisés par le joaillier et orfèvre italien Buccellati. Les objets étaient nichés dans des tiroirs secrets des coffrets.

Cet anniversaire aura donc été célébré avec élégance, avec beaucoup d’outils et en explorant de nombreux territoires propres à la « marque ». Les différentes initiatives, sites Internet et brochures émanant du Domaine Clarence Dillon ne manquent pas d’innovations, de prestige et sont dans l’air du temps. Certes, elles n’en restent pas moins très classiques. Le tout puise en effet ses racines sur les bases solides d’une imagerie de la tradition des vins prestigieux et du raffinement français. Mais sans s’endormir. Car enfin, il n’est pas nécessaire d’être moderne pour être innovant. Connaître son histoire, la respecter, nourrir ses valeurs dans le présent… c’est ainsi que l’on reste maître de son époque.

Sites Internet : http://www.domaineclarencedillon.com
http://www.mission-haut-brion.com
http://www.clarendelle.com
Et pour découvrir les films des dîners : http://www.haut-brion.com

Photos : Domaine Clarence Dillon

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