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Regard sur l’exposition Jean-Paul Gaultier

L’exposition Jean-Paul Gaultier au Grand Palais nous rappelle encore que les marques et la mode ont fait leur place au Musée. Cette belle exposition qui arrive, à Paris, au terme de sa tournée internationale qui a drainé 1,5 millions de visiteurs, a déjà été largement commentée dans la presse et sur la toile.

Si BrandMemory s’y intéresse, c’est bien sûr en regard de son aspect patrimonial. En effet, cette exposition n’est pas biographique. Elle présente plutôt le patrimoine d’une marque de mode, certes totalement liée à son Fondateur. On nous raconte ainsi l’histoire de cette marque personnifiée : sa naissance, avec la naissance du regard de Jean-Paul Gaultier, la naissance puis l’appropriation de codes, les liens avec d’autres personnalités, le réseau. Bref, tout ce qui construit le style et la marque et ce qui fait son rayonnement.

Après l’introduction, la première pièce de l’exposition est consacrée à la naissance de ces codes et de ce regard : avec des dessins de son passage chez Pierre Cardin, le film Falbala.

Mais ce n’est pas un hasard si le premier objet présenté dans cette pièce est Nana, l’ours en peluche de Jean-Paul Gaultier, cobaye de ses expérimentations mode et source d’inspirations (notamment celle des seins pointus).

Par la suite, on retrouve donc les grands codes du créateur et donc de la Maison :

–          La marinière

 

–          Le corset (dessous que Jean-Paul Gaultier affiche dessus)

–          Les seins pointus (symbole d’une féminité affirmée, pouvant être agressive voire SM)

–          Et Paris ! Ou Londres.

On ressent la personnalité de la marque à travers les valeurs communiquées par le créateur :

–          L’ouverture : les muses de Jean-Paul Gaultier ne sont pas classiques et sont bien l’exemple de cette ouverture. Une absence de classification des genres. Une recherche de la beauté en-dehors d’un esthétisme codifié, normalisé.

–          Le courage : celui qu’il admire, celui de vivre comme on l’aime. Ce courage se lit aussi d’ailleurs dans le choix de la différence. Un courage qui n’est pas non plus de la provocation, comme en témoigne son attitude depuis l’affaire de la collection « Les rabbins chics » et plus récemment face à la burka.

On retrouve ses liens avec les styles, les personnalités, avec son réseau :

–          La coiffure est vue comme un complément de la création et du vêtement et est toujours ici d’une grande audace créative (voir le chapeau en cheveux), celle d’Odile Gilbert.

–          Le cinéma, le spectacle (les ballets) et la musique (et les stars)

–          L’art pictural et photographique avec Pierre & Gilles

Pour finir, même si ce n’est pas la priorité des visiteurs ou des fashionistas, l’exposition pose la question de la postérité, de la survie de l’œuvre et de la marque :

–          Le lien entre la marque et son fondateur : La personnification semble aujourd’hui si grande qu’elle pourrait rendre impossible le fait que la marque survive à son créateur. D’autant que l’exposition ne suggère aucunement l’idée de la transmission. C’est pourtant le cas d’autres marques de mode, avec certes tous les soubresauts que cela implique. On pense à YSL, à Dior avec puis sans Galliano…

–          La conservation, l’archivage : de nombreuses robes du début de l’aventure ont été données aux mannequins pour les rémunérer. Des tenues de cinéma ou de scène sont hors d’usage après utilisation. Le créateur réalise très peu de dessins.  Heureusement les archives bien classées, dit le Commissaire de l’exposition, Thierry-Maxime Loriot.

Jean Paul Gaultier

Grand Palais – Paris

Jusqu’au 3 août 2015

 

Photos : SB

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